Kaamelott – Deuxième Volet [partie 1]


Kaamelott – Deuxième Volet [partie 1]
2025
Alexandre Astier

Verra t-on un jour la fin de Kaamelott ? Malgré la qualité ô combien décevante du premier film Kaamelott, on pouvait y croire sans mal tant les fans ont su se mobiliser, totalisant plus de 2,6 millions d’entrées malgré un contexte catastrophique (mise en place du passe sanitaire avec obligation de vaccination dès le second jour en salles). Et pourtant, quatre ans plus tard la situation a été totalement inversée : exit la trilogie, le second volet est séparé en deux, avec chacun un budget nettement supérieur (18,7M€ x 2 contre 14,8M€ pour le premier volet) et le score en salle n’a rien à voir, à tous les niveaux. Point de passe ou restriction d’accès aux salles, une concurrence faible que ce soit à sa sortie ou les semaines suivantes, et même le premier jour ne fut pas catastrophique du tout : trois cent mille entrées, seulement un quart de moins que le premier, qui fut sacrément freiner les jours suivants avec le passe. On pouvait donc s’attendre à bien plus que le million en première semaine, et à minima un score final similaire. Que nenni, le bouche-à-oreille fut cataclysmique, n’arrivant même pas à doubler le score du premier jour sur la semaine entière, et n’arrivant même pas au final à doubler le score de la première semaine, à un cheveux de rater le million d’entrée ! Comment en seulement quatre ans et avec à la fois des moyens supérieurs, une campagne très agressive et un contexte de sorti plus favorable, la saga a t-elle pu s’effondrer si fort ?

Bis repetita… Lui qui avait récupéré l’épée pour redevenir un héros en fin de saison 6, arc de rédemption totalement effacé du film, qui doit une nouvelle fois se retrouver et faire face à son destin, ce second volet fait à nouveau marche arrière : Arthur Pendragon (Alexandre Astier) replante une énième fois l’épée dans le rocher et tourne éternellement le dos à ses responsabilités. Léodagan (Lionnel Astier) et Séli (Joëlle Sevilla), n’en pouvant plus de cet immobilisme, vont relancer eux-mêmes la table ronde, et encore une fois, les candidats au poste de chevalier vont devoir faire leur preuve.

C’est vraiment usant de voir un tel recyclage des thèmes et enjeux, même si Alexandre Astier le justifie en interview en clamant que la dépression est quelque chose de chronique, qui nous relance sans cesse. Certes, mais on est plus sur une série, on est sur des films à très gros budget avec des enjeux importants, on ne peut plus se permettre de ruminer dans son coin, les spectateurs n’en peuvent plus. Et c’est là tout le problème de cette extension de la série au cinéma : elle prend autant son temps que si on était à la télévision, et se permet même de faire de l’immobilisme alors que tout le monde attend une conclusion épique, qui risque bien de ne jamais arriver. Tout dépendra des retours et scores de la seconde partie de second volet, mais le troisième actuellement prévu pour un vague 2035 (au secours !) n’a que peu de chances de voir le jour. Pire encore, alors que le panel de personnages est absolument colossal, ce nouveau volet se permet d’introduire de nouveaux venus, ni utiles ni intéressants (voir totalement à côté pour Redouane Bougheraba), et le scénario n’est vraiment pas dingue. Pas étonnant qu’à sa lecture Perceval n’a pas voulu revenir, surtout vu le traitement saoulant du connard qui gueule dont il était victime depuis la cinquième saison, voir un peu avant par moments.

Je gueule, je critique, et pourtant, le bilan n’est pas non plus aussi mauvais que le premier volet (pas de roboblox, et ça c’est un immense soulagement). Déjà, on a plaisir de retrouver la quasi totalité des acteurs principaux de la saga : Guenièvre (Anne Girouard), Karadoc (Jean-Christophe Hembert), Bohort (Nicolas Gabion), Merlin (Jacques Chambon), la Dame du Lac (Audrey Fleurot), l’archiviste (Christian Clavier), duc d’Aquitaine (Alain Chabat) et Lancelot (Thomas Cousseau), et Clovis Cornillac et Guillaume Gallienne font même plus qu’un caméo ici, contrairement au premier film. On retrouve aussi les deux fameux paysans, avec l’une des scènes les plus drôles sur une grande soif. Niveau humour d’ailleurs, c’est clairement plus réussi, avec des dialogues souvent savoureux, presque au niveau de la série par moments. Félicitons également Alexandre Astier, son chef op et le directeur de la photo pour l’évolution la plus marquante : bigre que c’est beau ! Exit les scènes sombres, illisibles et mal étalonnées, c’est enfin propre, avec de belles couleurs et une mise en scène plus soignée. Enfin une image qui fait cinéma ! On passerait presque un bon moment au global s’il n’y avait pas ce cycle perpétuel de Arthur le dépressif, dont il s’était pourtant sorti à deux reprises. Et impossible de faire l’impasse sur la césure, coupant le récit avec une maladresse folle, en plein milieu du récit. Cette première partie n’achève rien, laisse moult aventure parallèle en suspend et relance même certaines intrigue cinq minutes avant que le générique ne tombe inopinément. Il faudra attendre la seconde partie pour savoir s’il y avait mieux à faire niveau coupure, mais avec 13 mois d’attente minimum (vu le semi échec du film dur à dire si un décalage n’aura pas lieu, ne serait-ce que pour y remettre Perceval tant ce bad buzz a été important), mais la frustration est de mise. Quelle douche froide tout de même, on espérait un prolongement épique de la série, et pour l’instant les films ne sont que désillusion et faible satisfaction…

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Ne t’endors pas


Ne t’endors pas
2017
Mike Flanagan

Découvrant à rebours la filmographie de Mike Flanagan, j’avais bien aimé son travail dans l’horreur, même si avec le recul je pense que ce genre le limite un peu et qu’il est meilleur quand il tente autre chose, d’autant que le doublon horreur / Netflix l’avait quelque peu enfermé pendant près d’une décennie. Mais vu ses prochains projets, peu de chance de le voir faire autre chose à l’avenir.

Jessie (Kate Bosworth) et Mark (Thomas Jane) ont vécu la pire chose qui puisse arriver à un couple : perdre leur enfant. Après une période de deuil, ils ont alors décidé d’adopter, ne pouvant plus procréer naturellement. Et justement, leur dossier va tout juste être accepté, recevant chez eux Cody (Jacob Tremblay), un pauvre garçon pratiquement du même âge que leur fils décédé, ayant lui aussi traversé de sombres moments, lâché par deux familles d’accueil après avoir été placé suite à la mort de sa mère. Très vite, ils vont se rendre compte que des choses incroyables vont se produire durant son sommeil, mais tout a un coût.

Le concept du film est un peu à mi chemin entre La Ligne verte, pour le côté « miracles », mais surtout Les griffes de la nuit et Insidious pour ce qui est de la manifestation des rêves et le côté malédiction. Niveau suspens, le côté double tranchant est trop grossier pour susciter la moindre surprise, mais il faut bien avouer que les tenants et aboutissants sont bien trouvés, si ce n’est que ça abouti également à une fin un peu ratée et passablement injuste. D’aucun pourraient s’en réjouir, mais – sans trop en dévoiler – je pense plutôt qu’une mort doit servir à quelque chose, pas juste faire du sensationnalisme, surtout quand la perte n’est pas traitée. Côté réalisation et effets de style dans l’horreur, c’est assez mitigé, avec des « jump scare » réussis, mais le procédé est trop facile pour vraiment être qualifié de gratifiant. Le monstre est bien trouvé, mais là encore, trop frontal. Du facile, agressif, plus dans l’attaque sur le coup que dans l’angoisse progressive et d’ambiance. Reste la performance de Jacob Tremblay, un acteur de génie dès son plus jeune âge, qui impressionne à chaque film. Quelques bonnes idées donc, mais noyées dans un film sans grande ambition et à la fin décevante.

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Made In Korea


Made In Korea
2026
Ra Karthik

Petite bande-annonce aguicheuse, grande possibilité de projection de par une personne étrangère allant dans un pays fantasmé, le pari me semblait gagné d’avance. Mais bon, ressortant tout juste d’un excellent film Netflix, je ne pouvais décemment pas espérer gagner deux fois de suite au loto.

S’ils vivent dans une misère assez rude, il n’empêche que même dans les coins reculés de l’Inde, les jeunes ont Internet et le smartphone, de quoi vite rêver d’un ailleurs plus médiatisé, comme par exemple la Corée du Sud dont la culture rayonne tout particulièrement depuis une bonne décennie. C’est notamment le cas de Shenba (Priyanka Arul Mohan), une jeune femme tamoul qui rêve d’aller vivre là bas. Suite à un concours de circonstances, son rêve va enfin se réaliser.

Bon bon bon… Le film a un énorme souci de rythme. Alors qu’on attend ce choc des cultures avec impatience, le film va passer près de trois quart d’heure à montrer sa vie en Inde, loin d’être désagréable finalement, avec une famille unie, prête à la soutenir, et même un amant dévoué. Une exposition très calme, lente et posée. Au contraire, tout va s’accélérer très brutalement une fois en Corée, avec une avalanche de situations et de personnages, avec limite l’impression qu’on a voulu caser une mini-série de 8 épisodes de 45 minutes en un film de 2h. Pas le temps de se poser, de s’attacher ou de réellement développer quoi que ce soit, et le dernier tiers n’a plus le temps de rien, usant et abusant de facilités scénaristiques et concluant dans une précipitation totale. C’est dommage car l’image est belle, apportant la chaleur et les couleurs de l’Inde dans un pays plus moderne, froid. On retrouve aussi de belles musiques et sonorités exotiques, donnant à ce voyage un vrai potentiel de petit bijou de poésie. Mais non, le montage est chaotique, le rythme trop énervé, et le côté amateur reste quand même assez violent par moment, avec des acteurs clairement en deçà et un scénario s’appuyant lourdement sur les clichés. On est loin d’un My Name is Khan, que ce soit en termes de cinéma, d’histoire ou d’émotion. Pour le coup oui, on pourrait presque parler de contenu, qui sera vite oublié.

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Even if This Love Disappears Tonight


Even if This Love Disappears Tonight
2026
Kim Hye-young

Film sud-coréen made in Netflix, le film est l’adaptation d’un roman japonais qui semble partir sur les mêmes bases que Amour et amnésie, au point que j’aurais jurer que c’était un remake durant les deux premiers tiers, mais seul le postulat est similaire. Au niveau du ton ou du développement, exit la comédie et bonjour au drame des plus dévastateur, finalement plus proche d’un L’Esquisse de nos vies. Âmes sensibles s’abstenir.

La foudre frappe finalement plusieurs fois au même endroit. Alors qu’il a tout juste perdu sa mère, Kim Jae-won (Choo Young-woo) va apprendre qu’il souffre d’une grave maladie du cœur, et si la situation venait à empirer, ses jours risquent de se finir avant même la fin de son lycée. Plus encore, alors qu’il croyait avoir trouvé l’amour en sa camarade Han Seo-yoon (Shin Sia), il va apprendre qu’elle souffre d’un sévère traumatisme crânien, rendant inopérante sa capacité à enregistrer de nouveaux souvenirs. Il va donc devoir regagner son cœur jour après jour pour que leur amour perdure.

Si le concept de reconquérir en boucle la même personne reste le même que dans la célèbre comédie romantique américaine, revoir le même concept à la sauce coréenne reste un exercice intéressant, de par notamment la profonde différence culturelle entre des américains plus rentre dedans, à l’inverse des grands timides coréens. De plus, rajeunir les protagonistes en replaçant l’histoire dans un lycée décuple cette candeur, et c’est d’autant plus mignon. Par contre, le traitement est radicalement différent puisque là où la dure réalité était contrebalancée avec un certain brio dans Amour et amnésie, ici on plonge la tête la première dans le pathos, pour un résultat à l’exact opposé, mais ça marche quand même, et très très bien. Oubliez les rires et bonjour aux larmes glaciales qui vous figent sur place. Une œuvre profondément triste et mélancolique, mais tout aussi touchante qu’émouvante. Acting, musique, mise en scène, montage et rythme, tout est parfaitement maîtrisé pour nous briser émotionnellement. C’est beau, mais ça fait mal.

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The Rip


The Rip
2026
Joe Carnahan

Les deux frères de cœur (Matt Damon et Ben Affleck) enfin réunis près de 30 ans après Will Hunting, le tout sous la caméra de celui qui nous a régalé du décomplexé L’Agence tous risques pour du gros film d’action Netflix budgété à hauteur de 100 M$. Et moi, j’adore quand un plan se déroule sans accroc. Mais pas là non…

Oh mec, on a trouvé comme de par hasard des millions de dollar dans une planque du cartel mexicain. Dingue ! Vite on se tire avant que tout le monde rapplique et n’ait la tête qui tourne face à plus de 20 millions ? Oh que non mon couillon, restons plutôt planté là le temps que tout le monde puisse réagir et se préparer, nous on va juste compter le blé toute la nuit parce qu’on a que ça à foutre bien sûr !

On a rarement vu une intrigue aussi poussive, avec une nuit de tous les dangers pour faire resurgir les ripoux parmi l’entourage, mais dans les faits c’est juste le spectateur qui rage face à un tel immobilisme tant c’est stupide à outrance de rester en territoire ennemi pour un prétexte si risible que compter un argent déjà étiqueté. Même un joli plan comme celui des quatre hommes dans le fourgon, sombrant dans l’obscurité entre chaque lampadaire sur la route, n’est juste pas utilisé puisque la tension ne sera exploitée que plus tard, avec un éclairage neutre et constant. Et le constat est aussi consternant que redondant : toutes les scènes d’action sont désamorcées, banales et pénibles avec des fusillades à plusieurs centaines de balles et aucune qui ne vient blesser gravement qui que ce soit ou à minima avoir la décence de rendre inopérante une voiture. Aucun vrai enjeu, aucun impact, aucun suspens, des acteurs qui cachetonnent sévère (à noter les présences de Kyle Chandler, Teyana Taylor, Sasha Calle et Steven Yeun). De l’ennui pur et dur qui nous coule dessus, avec une intrigue minable, des rebondissements qu’on voit venir à des kilomètres, et aucune scène d’action un tant soit peu stylée ou ne serait-ce que sympathique. Vivement dans quelques jours que j’oubli cette merdre, avant de vaguement m’en rappeler pour mes flops de l’an prochain.

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Clair Obscur : Expédition 33


Clair Obscur : Expedition 33
2025
Sandfall Interactive

Nous y voilà : LE monument du jeux vidéo, le titre qui a déchaîné les passions comme rarement on peut le voir à un tel niveau, pas même une fois par décennie. Aux Game Award, l’équivalent des Oscars du jeux vidéo au niveau mondial, ce fut tout simplement un raz-de-marée historique avec neuf prix sur les dix possibles dans les principales catégories, et où il a bien sûr reçu tous les plus important, allant de meilleure direction artistique, meilleure musique, meilleur scénario, et bien évidemment meilleur jeu. Une aura colossale, ô combien intimidante, et je voulais me laisser le temps de le faire dans les meilleures conditions possibles, sans me précipiter mais en pouvant le faire sur un laps de temps raisonnable (en l’occurrence deux mois). Alors, est-ce que ce « petit jeu indépendant montpellierain » est à ce point une œuvre d’art si magistrale ? Verdict.

Graphismes : 18/20 (20/20 la DA, 15/20 la technique)

S’il s’agit de mon premier jeu tournant sous Unreal Engine 5, c’est aussi l’un des rares jeux dits « réalistes » que j’ai fait ces dernières années, Rebirth ou Vision of Mana notamment ayant chacun un style plus ou moins éloigné. Et en vrai, si les personnages et certains éléments de décor sont censés s’ancrer dans la réalité, on a une part de fantaisie tellement prononcée, donnant carrément une partie de son titre au jeu avec le mouvement pictural du clair obscur, que le réalisme du titre n’est pas vraiment une nécessité si absolue qu’elle gênerait sensiblement l’immersion. Mais il est vrai que techniquement les problèmes sont notables : des animations faciales souvent rigides, quelques soucis d’affichage notamment les cheveux qui se perdent constamment dans les textures des corps, et une certaine lourdeur dans les déplacements. Une fois passé outre ce point, mais qui reste évidemment dommageable car omniprésent, force est de constater que la DA (direction artistique) est une vraie folie. C’est à ce damner entre les Névrons, Axons et autres Gestrals, un bestiaire un poil limité mais toujours magnifique, avec un sens de la démesure ahurissant pour un sentiment de gigantisme tellement réussi et impressionnant. La mise en scène est dantesque, et la variété de décors et leur inspiration est une source inépuisable d’émerveillement. C’est prodigieux, et en sortir n’est pas évident.

Jouabilité : 17/20

C’est un point qui a été largement salué, et il est vrai que réussir à dépoussiérer avec tant de brio le sacro saint tour par tour qui a fait ses lettres de noblesse au JRPG, c’est un sacré tour de force. C’est dynamique à souhait, toujours renouvelé et surprenant, avec une liberté asses folle pour le joueur puisque tous les personnages sont forts à leur manière, avec un gameplay différent, des avantages et inconvénients, et il y a toujours un moyen d’avancer, que ce soit par la force, la stratégie, ou l’agilité. Ayant des réflexes atroces, les contres étaient clairement mis de côté au profit de l’esquive, plus permissive niveau timing, mais il est si gratifiant de réussir un combat difficile au seul mérite de notre talent. La richesse des mécaniques est déroutante, beaucoup trop même, au point qu’après des dizaines d’heure de jeu on est toujours – enfin moi – à galérer et découvrir de nouvelles choses. Un poil trop vertigineux selon moi entre le surnombre des techniques, l’importance ahurissante de la vitesse qu’on ne comprend que trop tard, les pictos et armes qu’on ne peut vraiment monter qu’en post game, ou encore les luminas en si massif sous nombre que certains boss optionnels vont obliger à revoir tout notre setup, voir relancer une New Game+ pour les (le) plus coriaces. C’est très agréable à jouer, mais même en mode de difficulté la plus basse, le challenge reste corsé, voir mal dosé, avec tellement de paramètres et une telle rigueur de timing que maîtriser le jeu ne sera permis qu’aux plus acharnés.

Durée de vie : 19/20

Ayant quelque peu galéré sur certaines mécaniques et étant parti affronter la dernière ligne droite lvl45, assurément trop peu, j’ai terminé le jeu en quasi 30h, mais dont 1h30 sur la peintresse et près de 45 minutes sur le boss de quête de Luna. Avec des compétences dépassant celles d’un vieillard amorphe et une stratégie plus optimale, l’histoire principale doit pouvoir sans mal se boucler en moins de 20h, probablement pas plus de 10h en NG+. C’est vraiment excellent en termes narratifs, condensé et efficace, et depuis les Mass Effect et les premiers Assassin’s Creed, je considère l’immersion optimale dans une fourchette allant de 15 à 25h de contenu principal. Après les quêtes annexes sont un bonus, mais presque essentielles ici vu que plus de la moitié des zones du jeu le sont, avec des pans entiers de scénario et de lore, et le jeu en vaut vraiment la chandelle tant certains des ennemis les plus emblématiques et certains lieux les plus beaux sont dans ce dit contenu annexe. Un équilibre un peu étrange, mais c’est peut-être la meilleure façon de faire, si ce n’est que tout se débloque vraiment après l’acte 2, et le diluer aurait été moins frustrant. Reste donc que j’ai décider d’arrêter le jeu après 52h, ayant débloqué 42/56 trophées et n’ayant fait l’impasse que sur un certain monsieur dans des Abysses, mais je considère que j’ai fini le jeu à 100% et flemme de refaire le jeu avec la soluce pour trouver les musiques, Gestrals perdus et autres journaux de quête. Peut-être un jour pour une NG+ histoire aussi de passer du lvl94 à 99 et ainsi débloquer le trophée correspondant, seul non caché de ma liste de manquants.

Bande son : 20/20

Probablement le point qui a mis tout le monde d’accord, au point que depuis des tournées mondiales de l’orchestre de la BO se font systématiquement à guichet fermé. Si l’ambiance du jeu est aussi exceptionnelle, c’est en partie grâce à la pléthore de compositions orchestrales chantées, avec une évolution d’une rare intelligence puisque à mesure que le scénario avance, les musiques elles aussi évoluent, passant progressivement de chant ancien (en latin ?) à du français de plus en plus révélateur des tenants et aboutissants de l’histoire, sachant même devenir du rock épique lors de certaines phases. A travers la musique, les protagonistes eux-mêmes arrivent à crier leur rage, leur désespoir face à ce qu’ils traversent. On notera aussi un doublage VF intégral – normal pour un jeu français – d’une rare qualité, achevant une immersion incroyable.

Scénario : 20/20

Une claque, puis claque sur claque, doutes et déception, mais au final et avec le recul, vraie claque. On débarque dans un univers alternatif du Paris du XIXème, où une Peintresse titanesque aurait débarqué, disloquent le monde avec une ville Lumière isolée où vivent reclus les survivants, et le reste du monde serait une terre de désolation, peuplé de créatures aussi puissantes que aveuglées par la haine. Elle vit recluse sur son monolithe où elle ne se relève qu’une fois par an pour peindre un chiffre. D’abord le 100, puis chaque année un chiffre en dessous. Et à chaque fois, ceux ayant atteint le chiffre nouvellement peint subissent le « gommage », disparaissant tout simplement de la surface du monde. Depuis des décennies, des expéditions tentent en vain inlassablement de rejoindre la peintresse, à la fois si proche car visible à l’horizon, mais si loin car des terres désolées peuplées de monstres les séparent. Nous sommes plus de soixante ans après la fracture, et la Peintresse vient tout juste d’effacer le chiffre 34, tuant toutes les personnes ayant eu 34 ans, faisant désormais que plus personne a Lumière n’est plus âgée que 33 ans. 33, un chiffre désormais peint sur le monolithe, qui sera aussi le numéro attribué à la nouvelle expédition, qui espère bien réussir là où tous ont échoué, pour ceux à venir. Un univers aussi riche que réussi, des protagonistes marquants et profonds, pour un lore immense dans lequel on se perd avec plaisir.

Note Globale : 19/20

Ce jeu est vraiment hors norme. Déjà le concept de base est absolument vertigineux, tant en termes d’émotion que d’enjeux, puisque l’humanité entière est sur un compte-à-rebours s’approchant dangereusement de la fin, au point de donner le tournis tant un nouveau né a littéralement une espérance de vie maximale de 16-17 ans. Et puis surtout le jeu ne sera pas tendre avec nous, commençant carrément par une séquence d’ouverture où le héros voit l’amour de sa vie subir le gommage. Le jeu commence et vous avez déjà perdu ce que vous aviez de plus cher, et la suite sera pire encore. Comment est-ce possible ? Mieux vaut ne rien dire, mais on aura rarement vu univers plus impitoyable, avec le sentiment immédiat que le monde nous dépasse, les cartes sont biaisées et l’issue ne pourra pas être celle espérée. Le danger est constant, vertigineux, avec l’impression continue que l’expédition peut s’arrêter à tout moment pour tout le monde, comme si des forces supérieures jouaient avec nous, choisissant arbitrairement qui vit, qui meurt, et pouvant mettre un terme à l’aventure à n’importe quel moment par leur seule volonté. J’avais d’abord été un peu déçu par les tenants et aboutissants, mais en étant en réalité pris au piège du deuil moi aussi, avant de réaliser que se bercer dans une illusion ne change pas les réalités qui se jouent derrière. Après avoir prit plus le temps de digérer le tout et accepter la seconde fin, j’ai compris que certaines choses devaient être laisser derrière, y compris le jeu lui-même, et c’est doublement méta et brillantissime, recréant le procédé thématique des protagonistes au joueur lui-même. Une ode poétique, tant dans son histoire que sa direction artistique, pour une histoire aussi prenante que gratifiante, bénéficiant d’une jouabilité dynamique, riche et prenante, le tout bercé par des musiques / chansons d’une rare intensité. Une œuvre colossale qui marquera durablement, à ne pas douter.

PS : plusieurs projets gravitent autour du jeu, que ce soit une adaptation cinématographique – qui me semble difficile vu le budget démentiel que cela nécessiterait et dont les nouvelles sont quasi inexistantes depuis plus d’un an – mais surtout une suite en mode chat de schrodinger, ce qui me semble possible (conservation surprise et secrète d’un côté, prolongée dans la douleur de l’autre, avec un doute persistant sur la réalité voir jamais traité) après mûre réflexion, mais je trouve ça dommage de se forcer à une suite contre nature pour surfer sur leur propre succès au lieu de tenter autre chose, tant la proposition est ici aussi radicale que d’une originalité folle.

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Coupe-feu


Coupe-feu
2026
David Victori

Si ce n’est pas le premier film de 2026 que j’ai vu, c’est en tous cas le premier que j’ai terminé. Et comme l’an dernier avec The Order, cette première place commence à ressembler à une prophétie puante où le premier sera l’un des derniers (en termes de qualité). Pourtant, à la base le projet semblait prometteur : un Mystic River espagnol au milieu d’une forêt en flammes.

Une famille endeuillée se rend une dernière fois dans leur maison au cœur des bois pour rassembler leurs affaires, le père y ayant succombé de maladie. Sur place, sa femme, sa fille, son frère et sa femme, son neveu, se dépêchent de tout emballer au plus vite, un feu terrible s’étant déclaré non loin de là. Mais à l’heure de partir, patatras, la fille a disparu ! A moins qu’elle ne se soit perdue dans les bois, ce ne peut être que le voisin !

Je pensais que c’était quelque chose de maîtrisée à force, mais pas pour tout le monde visiblement : on tient là les pires effets spéciaux de flammes que j’ai vu depuis des décennies, d’autant plus gênant quand c’est le moteur principal / coup de pression / timer du film. J’ai mis aussi pas mal de temps à comprendre qui était la personne morte, les deux femmes s’appelant « sœurs » alors qu’elles sont belles-sœurs, semant un peu la confusion. Et globalement le principe de base ne marche pas : comment être aussi insouciant pour rester emballer des affaires alors qu’un feu si massif se déroule à quelques kilomètres à peine ! Dès la pluie de cendres et les messages d’alerte il aurait fallu plier bagage direct, donc la disparition ne repose que sur la connerie des protagonistes, signe déjà d’une écriture problématique. Ensuite, ça va tout naturellement tomber sur la tronche du voisin, le stéréotype ultime du hippie complètement perché, et tout le suspens ne reposera alors que sur l’incapacité des protagonistes à avoir une discussion calme et posée. Ce n’est pas un ratage complètement honteux, sauf pour quelques plans FX et la cohérence par rapport aux flammes (personne ne peut se promener tranquillement à côté d’un mur de flamme, même un pompier entraîné et équipé ne peut pas tenir plus de quelques secondes). Mais par contre c’est vraiment un thriller paresseux qui ne repose sur pas grand chose, donc l’intérêt n’y est juste pas. Mieux vaut passer son chemin.

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Amélie et la métaphysique des tubes


Amélie et la métaphysique des tubes
2025
Mailys Vallade, Liane-Cho Han

Si je ne connais que de nom Amélie Nothomb dont le film est à la fois l’adaptation d’un de ses romans et par extension à la fois une replongée dans son enfance, puisque biographique, c’est avant tout une histoire emplie de nostalgie sur une enfance au Japon, pays cher à mon cœur culturellement. Si les premiers visuels me semblaient « moches », pour ne pas dire totalement rédhibitoires, et alors que le film fut on peut le dire un énorme four en salles (moins d’un quart de million d’entrées, le dixième de ce qu’il aurait fallu pour le rentabiliser), j’ai finalement été convaincu par Durendal de lui laisser sa chance.

L’histoire démarre au tout début des années 70, alors que Amélie Nothomb n’avait que deux ans et demi. Son père, diplomate Belge, était alors en poste au Japon, où elle a donc grandi. Le récit se concentrera sur sa première année « d’éveil », quand elle a commencé à parler couramment et se souvenir des choses importantes, notamment Nishio-san, sa gouvernante.

En réalité, on a là une technique en fait pas si mauvaise, même très belle et poétique sur les couleurs et les décors, juste les personnages sont objectivement moches car trop épuré, mais le design reste correct. Mais oui, entre le Japon comme environnement thématique et culturel, et que le personnage principal soit une énorme crapule ultra attachante qui ressemble tant physiquement que caractériellement à ma petite princesse à moi, c’était gagné d’avance. Un moment suspendu de l’enfance, entre découverte des premiers drames de la vie (au passage ce serait bien de surveiller son enfant des fois non ???), mais surtout découverte des plus grands bonheurs comme une famille heureuse et en bonus une deuxième maman aux petits soins avec Nishio-san. J’ai d’ailleurs fait quelques recherches et j’ai été touché de savoir que la petite Amélie a su la retrouver une fois adulte, et plusieurs fois à minima. Petite Amélie a su tenir sa promesse de se souvenir, et c’est vraiment magnifique. Un concentré de poésie et d’amour, pour un film dépassant tout juste les 70 minutes. Un petit moment de tendresse qui fait du bien.

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Zootopie 2


Zootopie 2
2025
Byron Howard, Jared Bush

Si on excepte Ne Zha 2, avec un peu plus de 1,8 milliards de dollars au box-office (et environs 1,9 en projection d’ici la fin), cette suite de Zootopie aurait raflé non seulement le titre du film le plus populaire de l’année, mais aussi du film d’animation le plus populaire de l’histoire. Et d’ailleurs, avec actuellement plus de 653 M$ (le triple du 1er) là bas et toujours premier du top quatre mois plus tard, c’est notamment grâce à la Chine que le succès du film est si massif, doublant pratiquement au global les scores du précédent sorti neuf ans plus tôt (eh oui, les temps de production sont de plus en plus longs, surtout pour l’animation). Pour la France, avec pas loin de 9 millions d’entrées en fin de carrière, le film va rater d’un cheveux la première place annuelle au profit de Avatar 3, tandis que finalement aux Etats-Unis cette place pourrait bien lui revenir si son exceptionnel maintient se poursuit, n’étant plus qu’à une poignée de millions de dollars de cette énorme daube de Minecraft. Y a t-il tant d’enfants sur cette Terre ?

Après avoir fait tombé une maire corrompue, Judy et Nick sont devenus des partenaires de choc au sein de la police de la ville de Zootopie. Après la menace des carnivores, une nouvelle enquête va les mener sur une piste plus effroyable encore : les terrifiants reptiles !

Bon… Clairement, sur le fond comme sur la forme, le constat est absolument identique au premier. Graphiquement, c’est magnifique en termes de modélisation : ultra propre, une technique dernier cri avec des effets de lumière, une gestion des poils affolants de précision. Vraiment, au niveau de la technique pure, c’est irréprochable, et les animaux ont un style classique mais très expressif. Reste que globalement cette maîtrise manque cruellement de personnalité, c’est archi plat et calibré, du Disney pur jus, qui personnellement me lasse et l’époque des dessins à la main et des styles tranchés me manque éperdument. Face aux plans oniriques et épiques de Ne Zha 2, la comparaison fait mal, même avec une technique incomparablement plus aboutie, car pour moi la personnalité prime – presque – toujours. Niveau rythme, on a là le même souci qui m’a provoqué encore ennui et lassitude, surtout à partir du deuxième tiers : autant l’humour fuse non stop, souvent drôle et efficace d’ailleurs, mais l’enquête, le cœur du récit, patine outrageusement. Et puis ça recycle à blinde les mêmes tenants et aboutissants à base de division / conspiration alors que l’union c’est bien mieux et aimons nous les uns les autres. Clairement, c’est pour les enfants, et les quelques références pour adultes sont trop limitées ou maladroites (cf le coup de la queue de lézard en mode blague homosexuelle). Le duo marche très bien, l’ambiance est sympa et ça reste du Disney ultra calibré et efficace, mais bien trop lisse et enfantin à mon goût. Je retiendrais surtout l’excellente chanson de Shakira, inexplicablement absente des Oscars, mais c’est vrai que ça n’aurait de toutes façons pas fait le poids face à Kpop Demon Hunter.

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